Château de Flaugergues à Montpellier : folie, jardins et vignoble
Le château de Flaugergues est une folie montpelliéraine construite à la fin du XVIIe siècle, après l’achat du domaine par Étienne de Flaugergues en 1696. Il est classé monument historique depuis le 23 avril 1986, et le domaine inscrit depuis le 19 décembre 2013. Il se trouve avenue Albert-Einstein, à environ 53 minutes à pied de la place de la Comédie.

| Type | Château |
|---|---|
| Époque | XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles |
| Protection | 23 avril 1986 : classé 19 décembre 2013 : inscrit |
| Adresse | 1744 avenue Albert-Einstein, Montpellier |
| Classement | château et parc classés le 23 avril 1986 ; domaine inscrit le 19 décembre 2013 |
| Label | « Jardin remarquable » depuis 2004 |
| Jardin à l’anglaise | 3 hectares, aménagé à partir de 1847 |
Une folie montpelliéraine devenue domaine viticole
Les folies sont ces maisons de campagne bâties autour de Montpellier au XVIIIe siècle par des notables. Flaugergues est l’une des plus connues. Étienne de Flaugergues (1655-1741), conseiller à la Cour des comptes, aides et finances de Montpellier, achète le domaine en 1696 et lui donne son nom. Pendant près d’un demi-siècle, il embellit la propriété.
Le domaine se transmet ensuite par succession, sans jamais être vendu. En 1811, il passe à Jacques-Joseph de Boussairolles, déjà propriétaire du château voisin de la Mogère, puis à la famille Barthélémy de Saizieu. Du 11 novembre 1942 au 23 août 1944, la Luftwaffe réquisitionne le château. Après le décès du baron René de Saizieu en 1972, son neveu le comte Henri de Colbert en hérite : le château appartient aujourd’hui à la famille de Colbert.
L’architecture : une villa italienne à la montpelliéraine
Le château comprend un corps central et deux corps latéraux qui dominent un jardin en escalier bordé de vignes. Sa construction à deux étages sur rez-de-chaussée, en pierre de taille, lui donne l’allure monumentale d’une villa italienne du XVIIe siècle. De larges bandeaux soulignent les niveaux. Le toit de tuiles creuses est couronné d’épis de faîtage en forme de boules et de tuiles vernissées fabriquées à Saint-Jean-de-Fos au XVIIIe siècle.
La façade principale s’ouvre sur les jardins et sur la ville. La façade arrière est presque aveugle : de fausses fenêtres créent l’illusion. Devant le château, la terrasse est encadrée par deux statues du sculpteur Jean-Louis Guyon, « La Paix » et « L’Abondance », datées de 1728.
La notice Mérimée décrit une ordonnance architecturale de qualité, avec deux avant-corps, des façades enduites, des cordons et des consoles, des encadrements de baies en pierre de taille et une porte d’entrée aux pilastres, frise et console de style classique.
L’escalier à clefs pendantes et les salons
L’élément majeur de l’intérieur est son escalier à clefs pendantes. Il s’élève sur trois étages sans aucun pilier pour le soutenir, ce qui montre la virtuosité technique des bâtisseurs. Aux murs de la cage d’escalier, des tapisseries des Flandres de 1670 racontent des scènes de la vie de Moïse.
Les salons sont meublés d’ensembles Louis XV et Louis XVI, de tableaux de famille et d’une importante collection de porcelaines et de faïences anciennes. Elle comprend un service de table aux armes de la famille de Saizieu, créé en 1872 par Émile Gallé. Le grand salon abrite un zograscope, remarquable boîte d’optique de l’époque Louis XV, et sa bibliothèque conserve des instruments scientifiques anciens.
On y voit aussi une rare table à échantillons de marbres de 177 carreaux différents, venue de l’atelier de pierres dures des Gobelins, et la chambre de l’Aigle, dont le décor mural sur la campagne d’Égypte a été peint en 1990 par Diane de Montbron.
Les jardins
Le domaine compte plusieurs jardins, labellisés « Jardin remarquable » depuis 2004. Le jardin à la française, au pied de la cour d’honneur, a été restitué au XXe siècle avec l’aide du paysagiste Emmanuel de Sauvebœuf, puis planté de dix mille pieds de buis. Une allée d’oliviers de 200 mètres conduit à un belvédère, d’où la vue portait jusqu’au XIXe siècle jusqu’aux étangs et à la mer.
Le jardin à l’anglaise, au sud-ouest, s’étend sur trois hectares. Les Boussairolles l’ont aménagé à partir de 1847 et construit l’orangerie. Les Saizieu y ont acclimaté des palmiers, dont un exceptionnel cocotier du Chili planté en 1874. Depuis 2018, une ferme urbaine collaborative en permaculture, l’Oasis citadine, occupe un espace près de l’allée des oliviers.
La notice Mérimée précise que le jardin français forme avec l’axe de la cour d’honneur un bassin circulaire, avec un petit motif en marbre faisant cadran solaire. Le jardin se termine en terrasse, avec un beau panorama sur l’agglomération.
Le vignoble
La vigne est attestée localement depuis l’époque gallo-romaine. En 1725, le domaine compte 32 hectares, dont 8 plantés de vignes. Le phylloxéra décime le vignoble après 1876, et la vente de vin s’arrête pendant une dizaine d’années. En 1897, la famille de Saizieu édifie une nouvelle cave. En 1952, le domaine produit ses premiers 300 hectolitres de « vin de qualité supérieure ».
Après avoir hérité de Flaugergues, Henri de Colbert restructure le vignoble. Le caveau, créé en 1977, permet la vente en bouteille. En 2015, la surface de production est de 25 hectares, répartis sur Montpellier et Mauguio. Une cave éco-responsable a été construite en 2016 près du château et se visite toute l’année.
Protection et visite
Les éléments de sculpture et d’architecture du parc sont inscrits depuis le 22 novembre 1949. Le château, ses terrasses, ses statues, ses grilles en fer forgé, le jardin et ses bassins, les allées plantées, le parc et l’orangerie sont classés depuis le 23 avril 1986. Le 19 décembre 2013, le reste du domaine est inscrit, avec notamment l’allée de platanes d’accès, l’allée de cyprès, les façades des communs et le puits à noria.
Le château se visite toute l’année, d’après Wikipédia. Le domaine se trouve à l’est de la ville, sur l’avenue Albert-Einstein : comptez environ 53 minutes à pied depuis la place de la Comédie. Pour les horaires et les tarifs des visites, reportez-vous au site du domaine.
Plan et accès
À pied depuis le château de Flaugergues
- Prieuré Saint-Pierre de Montaubérou, à 5 minutes à pied
- Château de la Mogère, à 19 minutes à pied
- Bureau d’octroi du pont Juvénal, à 31 minutes à pied
Où dormir à proximité
Hôtels classés les plus proches, selon le classement Atout France :
- Résidence Lagrange Apart’hôtel du Millénaire (3 étoiles), à 6 minutes à pied
- Prime Hôtel Campanile Montpellier Millénaire (3 étoiles), à 11 minutes à pied
- Hôtel ibis Budget Montpellier Centre Millénaire (2 étoiles), à 19 minutes à pied
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une folie montpelliéraine ?
C’est une maison de campagne bâtie par des notables autour de Montpellier, surtout au XVIIIe siècle. Flaugergues, daté de 1696, en est un exemple, avec ses jardins et son vignoble.
Le château de Flaugergues se visite-t-il ?
Oui, le château et la cave se visitent toute l’année, d’après la documentation publiée sur le domaine. Les jours et les horaires sont fixés par le domaine.
Qui possède le château de Flaugergues ?
Il appartient à la famille de Colbert. Le comte Henri de Colbert l’a hérité de son oncle, le baron René de Saizieu, décédé en 1972.
Le château de Flaugergues est-il classé ?
Oui. Le château et son parc sont classés depuis le 23 avril 1986, et le domaine est inscrit depuis le 19 décembre 2013.
Quelle est la particularité de l’escalier ?
Il monte sur trois étages sans aucun pilier pour le soutenir. On parle d’escalier à clefs pendantes.
Pour aller plus loin
Retrouvez toutes les fiches dans le guide des monuments de Montpellier, sur la carte du patrimoine ou dans l’itinéraire de visite en 1, 2 ou 3 jours. La méthode de collecte est expliquée sur la page du guide.
Sources : base Mérimée du ministère de la Culture, notice PA00103525; calculs de marche : OpenStreetMap; Wikipédia (article « Château de Flaugergues », licence CC BY-SA 4.0) ; notice Mérimée PA00103525. Relevé du 22 octobre 2026.