Opéra Comédie de Montpellier : théâtre à l’italienne de 1888, histoire et visite
L’Opéra Comédie est le théâtre à l’italienne de la place de la Comédie, inauguré en 1888 d’après les plans de Joseph-Marie Cassien-Bernard, élève de Charles Garnier. Il est classé monument historique depuis l’arrêté du 6 janvier 2025, qui a remplacé une inscription de 2020. Sa grande salle compte 1 200 places.

| Type | Théâtre |
|---|---|
| Protection | 6 janvier 2025 : classé |
| Architectes et maîtres d’œuvre | Cassien-Bernard (architecte); Ernest Michel (décorateur); Arnaud d’Ubec (décorateur); Paul Estève (décorateur); Auguste Privat (décorateur); Max Leenhardt (décorateur); Antonin Marie Chatinière (décorateur); Jean Antoine (sculpteur) |
| Adresse | place de la Comédie, Montpellier |
| Architecte | Joseph-Marie Cassien-Bernard (1848-1926) |
| Inauguration | 1888, après l’incendie de 1881 |
| Grande salle | 1 200 places sur cinq niveaux |
| Salle Molière | 350 places |
Trois théâtres, deux incendies
En 1740, la ville obtient un privilège royal pour construire une salle de spectacle. Le concours est lancé en 1752 sous l’impulsion du maréchal de Richelieu, gouverneur de Montpellier. Les projets sont examinés par Jacques Ange Gabriel. L’architecte Jacques Philippe Mareschal l’emporte. Le théâtre s’élève hors les murs, sur les fossés comblés de l’enceinte, au sud-est de la ville. L’adjudication des travaux est confiée à Hilaire Ricard en 1754.
Le 22 décembre 1755, « Pyrame et Thisbé », opéra de François Rebel et François Francœur, inaugure ce premier théâtre. Il comporte déjà une salle de spectacle doublée d’une salle de concert perpendiculaire, une originalité montpelliéraine que l’on retrouve aujourd’hui. Dans la nuit du 17 au 18 décembre 1785, un incendie le détériore. Jacques Donnat et J.-N. Lenoir le reconstruisent à l’identique, et il rouvre en 1787 ou 1788 selon les sources. Sous la Révolution, il sert aux pièces de propagande et aux réunions des « amis de la constitution ».
Dans la nuit du 5 au 6 avril 1881, un second incendie détruit complètement le bâtiment. Un théâtre provisoire en bois, construit en 59 jours, ouvre sur le champ de Mars, devenu l’Esplanade. Un concours désigne Joseph-Marie Cassien-Bernard, qui dirige le chantier de 1881 à 1888.
La façade et le grand escalier
Le bâtiment suit la pente du terrain et prend la forme d’un parallélépipède, plus étroit en façade qu’à l’arrière. Le jeune architecte orne la façade de trois grandes baies vitrées au-dessus de trois larges portes et d’un parvis. Une balustrade les coiffe : elle portait quatre statues, qui représentent le chant, la poésie, la tragédie et la comédie, aujourd’hui déposées, ainsi qu’une horloge monumentale. Toutes sont l’œuvre du sculpteur Jean-Antoine Injalbert, grand prix de Rome.
Un grand escalier de marbre blanc à double volute mène du petit vestibule à la première galerie. Cassien-Bernard a compris la leçon de Garnier : l’opéra est un lieu de spectacle, mais aussi un lieu où l’on vient se montrer. Quatre autres sculpteurs, Auguste Baussan, Alfred Avinaud, Arthur Jullian et Raymond Coste, se partagent les sculptures de l’escalier, des vestibules et des façades.
Le grand foyer et ses peintures
Huit fresques ornent les murs du grand foyer. Elles ont été confiées, après concours, à de jeunes artistes montpelliérains, anciens élèves des Beaux-Arts. Elles représentent la danse, la pastorale, la poésie, la comédie, le chant, l’histoire, la musique et la tragédie.
Au plafond, « La Voie lactée » mesure dix-neuf mètres sur cinq. Ce fleuve monumental et aérien de femmes nues au front étoilé est dû à Ernest Michel (1833-1902), grand prix de Rome en 1860, conservateur de musée et directeur des beaux-arts de Montpellier. Il a aussi décoré les trois coupoles du grand escalier : l’aurore, le jour symbolisé par le char d’Apollon, et la nuit. La notice Mérimée cite en outre Arnaud d’Ubec, Paul Estève, Auguste Privat, Max Leenhardt et Antonin Marie Chatinière pour le décor peint.
La grande salle et la salle Molière
La grande salle propose 1 200 places, comme la plupart des théâtres à l’italienne français de la fin du XIXe siècle. Elle se développe sur cinq niveaux, du parterre, divisé par une travée centrale, à la quatrième galerie, surmontée d’un plafond peint. Un lustre de cristal domine l’ensemble, au centre d’une coupole peinte par Jean-Baptiste Arnaud-Durbec. Le motif imposé est « La Ville de Montpellier » appelant à elle les poètes, les écrivains et les musiciens, au-dessus de danses du Languedoc.
Pour son entretien mensuel, le lustre ne descend pas dans la salle : il monte, grâce à deux demi-coupoles mobiles, jusque dans la « salle du lustre », où il se fixe sur un échafaudage permanent. Le cadre de scène mesure neuf mètres de haut sur douze mètres quatre-vingts de large. La scène couvre 440 m². Elle a bénéficié dès l’origine des derniers progrès techniques : des bâtis métalliques et l’électricité, avec des passerelles en bois pour l’acoustique.
La fosse était prévue pour cinquante musiciens. Des travaux d’agrandissement, conduits en 1985 sous le nez de scène, permettent d’en accueillir soixante. Perpendiculaire à la grande salle, la salle Molière est une salle de concert de 350 places, selon une tradition déjà présente dans les deux théâtres précédents.
Un théâtre classé en 2025
Le monument a d’abord été inscrit au titre des monuments historiques le 7 septembre 2020. Un arrêté de classement du 6 janvier 2025 s’est substitué à l’inscription. L’Opéra Comédie appartient à la Métropole de Montpellier. Il est géré, en accord avec elle, par l’association Opéra Orchestre national de Montpellier, qui y présente l’essentiel de sa programmation. D’autres structures, comme les Internationales de la Guitare, utilisent aussi ses salles.
Visiter l’Opéra Comédie
Le théâtre donne sur la place de la Comédie, au cœur du centre-ville, à côté de la fontaine des Trois Grâces. Pour le voir de l’intérieur, le plus simple est de prendre un billet de spectacle. Le théâtre ouvre aussi pendant les Journées européennes du patrimoine.
En septembre 2026, l’Opéra Orchestre national de Montpellier a proposé un concert du patrimoine le samedi 19 septembre à 19 h. Le dimanche 20 septembre, des visites flash de l’opéra et de ses coulisses étaient programmées à 14 h, 14 h 30, 16 h et 16 h 30, avec une visite en langue des signes française à 16 h 30.
Plan et accès
À pied depuis l’Opéra Comédie
- Hôtel Rey, à 1 minute à pied
- Hôtel Périer, à 1 minute à pied
- Hôtel de Fourques, à 1 minute à pied
Où dormir à proximité
Hôtels classés les plus proches, selon le classement Atout France :
- Grand Hôtel du Midi (4 étoiles), à 2 minutes à pied
- Hôtel des Étuves (1 étoile), à 2 minutes à pied
- Hôtel Nova (2 étoiles), à 2 minutes à pied
Questions fréquentes
Quand l’Opéra Comédie de Montpellier a-t-il été construit ?
L’actuel bâtiment a été construit de 1881 à 1888 par Joseph-Marie Cassien-Bernard, après l’incendie du théâtre précédent dans la nuit du 5 au 6 avril 1881.
Combien de places compte la grande salle ?
1 200 places, réparties sur cinq niveaux. La salle Molière, perpendiculaire, accueille 350 personnes pour les concerts.
L’Opéra Comédie est-il classé monument historique ?
Oui. Il est inscrit depuis le 7 septembre 2020, puis classé par un arrêté du 6 janvier 2025.
Qui a peint le plafond du grand foyer ?
Ernest Michel, grand prix de Rome en 1860, est l’auteur de « La Voie lactée », une toile de 19 mètres sur 5.
Peut-on visiter l’Opéra Comédie sans spectacle ?
Des visites sont proposées lors des Journées européennes du patrimoine. En septembre 2026, des visites flash des coulisses ont eu lieu le dimanche 20 septembre.
Pour aller plus loin
Retrouvez toutes les fiches dans le guide des monuments de Montpellier, sur la carte du patrimoine ou dans l’itinéraire de visite en 1, 2 ou 3 jours. La méthode de collecte est expliquée sur la page du guide.
Sources : base Mérimée du ministère de la Culture, notice PA34000131; calculs de marche : OpenStreetMap; Wikipédia (article « Opéra Comédie », licence CC BY-SA 4.0) ; notice Mérimée PA34000131 ; 20minutes.fr (Journées européennes du patrimoine 2026). Relevé du 22 octobre 2026.