Aqueduc Saint-Clément et Arceaux de Montpellier : histoire et visite

L’aqueduc Saint-Clément, dit aussi aqueduc des Arceaux, a été construit de 1753 à 1765 par l’ingénieur Henri Pitot pour amener l’eau de la source de Saint-Clément-de-Rivière jusqu’à Montpellier. Désaffecté en 1983, il est inscrit monument historique sur tout son parcours depuis le 22 juillet 2022.

Aqueduc Saint-Clément à Montpellier
Aqueduc Saint-Clément : photo Wolfgang Staudt, CC BY 2.0, Wikimedia Commons
Données clés
Type Aqueduc
Époque XVIIIe siècle
Protection 19 août 1994 : inscrit
22 juillet 2022 : inscrit
Architectes et maîtres d’œuvre Henri Pitot (ingénieur); Jacques Nogaret (architecte)
Ingénieur Henri Pitot
Construction première pierre le 13 juin 1753, inauguration le 7 décembre 1765
Partie monumentale 53 grandes arches et 183 petites, sur 820 à 880 m
Désaffectation 1983
Communes traversées Saint-Clément-de-Rivière, Montferrier-sur-Lez, Montpellier

Amener l’eau à la ville la plus haute

Depuis le XIIIe siècle, plusieurs projets visent à acheminer vers Montpellier l’eau de sources extérieures. En 1456, Charles VII incite déjà la ville, sans succès, à capter la source Saint-Clément. Au XVIe siècle, des fontaines publiques et des puits de quartier alimentent les habitants. En 1673, le projet est de nouveau examiné, avec une étude précise du dénivelé.

En 1751, le conseil de ville décide de construire un aqueduc entre Saint-Clément-de-Rivière, au nord, et la promenade du Peyrou. La première pierre est posée le 13 juin 1753 et l’inauguration a lieu le 7 décembre 1765. La réalisation est confiée à Henri Pitot, ingénieur en hydraulique. Le débit constaté à l’arrivée sur le Peyrou est alors de 25 litres par seconde.

Deux branches et un tracé difficile

L’aqueduc se compose de deux branches, qui se rejoignent à Saint-Clément-de-Rivière, au lieu-dit Mescladou. La première part de la grande source de Saint-Clément-de-Rivière. La seconde part de la source du Lez, par la source historique du « Boulidou ». Réunies en un seul ouvrage, elles passent par Montferrier-sur-Lez et vont jusqu’au château d’eau de la promenade du Peyrou, point le plus haut de la ville.

Pitot devait résoudre deux difficultés : la faible différence de niveau entre les bassins de captage et de réception, soit 7,14 mètres, et les vallonnements du terrain. Sa longueur varie beaucoup selon les documents : les parties aériennes s’étendent sur 931 à 1 371 mètres et la longueur totale va de 9 à 17,5 kilomètres. La partie la plus ancienne mesure 7 134 toises, soit environ 13 900 mètres.

Les arches inspirées du pont du Gard

Pitot s’inspire du pont du Gard pour les ponts-aqueducs : deux séries d’arches superposées, de grandes arches qui portent de plus petites. La faible portée des petites arches réduit le risque de fissures et d’infiltrations. La maçonnerie emploie de grands blocs de pierre de taille d’origine locale.

À la Lironde, un affluent du Lez, Pitot choisit finalement un tracé plus direct au prix d’un ouvrage plus imposant : un pont-aqueduc de 254 mètres, avec douze arches au premier étage et cinquante-quatre au second. Il est inscrit à l’inventaire des monuments historiques.

Les Arceaux, un quartier qui porte le nom de l’ouvrage

Dans le quartier qui a pris son nom, l’aqueduc des Arceaux se développe d’ouest en est, entre le réservoir des Arcades et le château d’eau du Peyrou. Ce pont-aqueduc mesure 820 à 880 mètres de long et se compose de 53 grandes arches de huit mètres d’ouverture et de 183 petites arches de 2,78 mètres. Sa hauteur atteint 22 à 28 mètres au point le plus élevé, et sa largeur est de 1,35 mètre au sommet des arches.

Trois petites arches surmontent chaque grande, sauf du côté du réservoir des Arcades, où vingt-quatre reposent sur un mur continu. À l’autre extrémité, un pont de trois grandes arches, construit entre 1765 et 1775 pour enjamber la première terrasse du Peyrou, remplace les quatre arches terminales de l’ouvrage de Pitot.

Selon Wikipédia, en 2026, des graffitis attribués au groupe de résistants Combat ont été authentifiés et datés de 1942. Ils portent les mots « Combat » et « Combat châtie les traîtres ». Les pompiers n’avaient pas d’échelle assez haute pour les effacer, et ils sont restés ignorés de la plupart des passants.

Le château d’eau du Peyrou

Le raccordement entre l’aqueduc et le château d’eau est effectif en 1772, après la construction de trois arches de modèle différent. Le château d’eau déverse l’eau dans un bassin. De forme hexagonale, percé d’arcades, il est scandé de colonnes corinthiennes sur trois de ses faces. Une dalle de béton remplace le dôme d’origine, démoli à la Révolution.

Débit, désaffectation et protection

En 1859, le débit devient insuffisant pour une ville qui grandit. L’aqueduc est prolongé vers le nord jusqu’à la source du Lez. En 1931, une nouvelle conduite entièrement souterraine double l’ouvrage et porte le débit à 250 litres par seconde, dix fois le débit initial. L’aqueduc cesse d’être exploité en 1983 ; son entretien n’est plus assuré et il se dégrade. Des travaux de restauration d’un aménagement de la source Saint-Clément ont eu lieu en 2012.

La partie située entre le pont du château d’eau et le réservoir des Arcades est inscrite par arrêté du 9 mars 1954. Le pont-aqueduc de Saint-Clément-de-Rivière et de Montferrier-sur-Lez est inscrit le 19 août 1994. L’arrêté du 22 juillet 2022 inscrit l’aqueduc en totalité, sur ses trois communes.

Voir l’aqueduc

Les Arceaux se voient depuis la rue, le long du boulevard des Arceaux. Ils prolongent vers l’ouest la promenade du Peyrou, dont le château d’eau marque le point d’arrivée de l’eau.

Plan et accès

Ouvrir dans Google Maps

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre l’aqueduc Saint-Clément et l’aqueduc des Arceaux ?

C’est le même ouvrage. On appelle « Arceaux » sa partie finale, monumentale, qui traverse le quartier du même nom jusqu’au château d’eau du Peyrou.

Qui a construit l’aqueduc de Montpellier ?

L’ingénieur en hydraulique Henri Pitot, entre 1753 et 1765. Il s’est inspiré du pont du Gard.

Combien d’arches compte l’aqueduc des Arceaux ?

53 grandes arches de huit mètres d’ouverture et 183 petites arches de 2,78 mètres, sur 820 à 880 mètres.

L’aqueduc est-il encore en service ?

Non. Il a cessé d’être exploité en 1983. Il est inscrit au titre des monuments historiques sur tout son parcours depuis le 22 juillet 2022.

Où commence l’aqueduc ?

À Saint-Clément-de-Rivière, à la grande source de Saint-Clément et à la source du Lez, qui se rejoignent au Mescladou.

Pour aller plus loin

Retrouvez toutes les fiches dans le guide des monuments de Montpellier, sur la carte du patrimoine ou dans l’itinéraire de visite en 1, 2 ou 3 jours. La méthode de collecte est expliquée sur la page du guide.

Sources : base Mérimée du ministère de la Culture, notice PA00132761; calculs de marche : OpenStreetMap; Wikipédia (article « Aqueduc Saint-Clément », licence CC BY-SA 4.0) ; notice Mérimée PA00132761. Relevé du 22 octobre 2026.

Retour en haut