Promenade du Peyrou à Montpellier : arc de triomphe, château d’eau et accès

La promenade du Peyrou est une esplanade de 4,59 hectares, à l’ouest de l’Écusson. Aménagée à partir de 1689, elle réunit un arc de triomphe, une statue de Louis XIV, un château d’eau et l’aqueduc Saint-Clément. Elle est protégée au titre des monuments historiques depuis 1954.

Promenade du Peyrou à Montpellier
Promenade du Peyrou : photo Danichou, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
Données clés
Type Promenade
Époque XVIIe et XVIIIe siècles
Protection 9 mars 1954 : inscrit
18 août 1954 : classé
22 juillet 2022 : inscrit
Architectes et maîtres d’œuvre Daviler (maître d’œuvre); Giral (maître d’œuvre); Henri Pitot (ingénieur)
Surface 4,59 hectares (289,50 m sur 160,56 m)
Altitude environ 52 m, le point haut du centre ancien

Une esplanade royale au point le plus haut de la ville

Avant le XVIIe siècle, le lieu s’appelait le « Puy Arquinel » : une colline de garrigue battue par la tramontane, à 52 mètres d’altitude. Après les guerres de religion, les marchands y installent des foires et des marchés. Le sol y est si dur à gravir que l’endroit prend le nom de « mont de l’Échine ».

Le 31 octobre 1685, les États de Languedoc votent l’érection d’une statue équestre de Louis XIV. En 1688, le Conseil de ville décide d’établir une promenade au point culminant de Montpellier. Les travaux commencent le 17 janvier 1689 sous la direction de l’architecte d’Aviler, élève de Jules Hardouin-Mansart. Le 30 juillet 1690, les consuls inaugurent une première terrasse de 2,16 hectares, soutenue par de fortes murailles de pierre.

Le nom actuel vient de l’occitan « peiron », qui désigne un socle ou un piédestal de pierre. Il suit l’ancienne porte du Peyrou et l’actuelle rue Foch, qui s’appelait rue Porte-du-Peyrou.

L’arc de triomphe et la statue de Louis XIV

En 1691, l’ancienne porte fortifiée du Peyrou est remplacée par un arc de triomphe. Il s’inspire de la porte Saint-Martin à Paris et ses bas-reliefs sont l’œuvre de Bertrand. La notice Mérimée date l’érection de l’arc et de la statue entre 1692 et 1717. L’arc ouvre la perspective sur la statue : il affirme la puissance du roi à l’entrée de la ville.

La statue équestre actuelle n’est pas la première. La commande d’origine date de 1685, d’après des dessins de Jules Hardouin-Mansart, avec les sculpteurs Pierre Mazeline et Simon Hurtrelle. Cette statue a disparu. La seconde, posée en 1838 sous la monarchie de Juillet, est due à Jean-Baptiste Joseph Debay et Auguste-Jean-Marie Carbonneaux. Elle est moins imposante et moins détaillée que la première.

Le roi tend le bras vers l’Espagne, en souvenir de la phrase « Il n’y a plus de Pyrénées », qu’on lui prête après l’acceptation du testament de Charles II d’Espagne. En observant l’orientation de la statue, on remarque pourtant que le bras pointe plutôt vers l’Italie.

Le château d’eau et l’aqueduc des Arceaux

Au fond de la promenade se dresse un château d’eau hexagonal, percé d’arcades, dont trois faces sont ornées de colonnes corinthiennes. Son projet date de 1766 et la construction, de 1768. Il distribue l’eau de la source du Lez, amenée par l’aqueduc Saint-Clément.

L’ingénieur Henri Pitot a construit cet aqueduc de 1753 à 1766. L’ouvrage mesure 14 kilomètres et capte la source Saint-Clément, à neuf kilomètres de la ville. Sa partie monumentale, les Arceaux, longe 880 mètres entre le réservoir des Arcades et le Peyrou. Elle compte deux rangées d’arcades superposées : 53 grands arceaux de huit mètres d’ouverture et 183 petits de 2,78 mètres. La hauteur moyenne à l’arrivée est de 21,68 mètres.

Un pont à trois arches, édifié par Giral entre 1767 et 1775, relie le château d’eau à l’aqueduc. Il a remplacé les quatre derniers arceaux de l’ouvrage de Pitot. Vous pouvez voir cet ensemble sur la fiche dédiée à l’aqueduc Saint-Clément.

Ce qu’on voit depuis les terrasses

La promenade se compose d’une partie haute, avec le château d’eau et la statue, et d’une promenade basse qui l’entoure sur trois côtés. Des perrons et des escaliers les relient. Deux échauguettes de pierre, ornées de tables à inscriptions, encadrent les rampes qui descendent vers les quartiers neufs.

Depuis les terrasses, la vue porte sur les Cévennes et sur les Pyrénées par temps clair. Un cadran solaire analemmatique, réalisé en 1927 à l’initiative du professeur Pierre Humbert, marque le sol. En 1939, c’est ici qu’a été prise la photo symbolique du résistant Jean Moulin.

Sur les quatre entrées, trois s’ouvrent à l’est et une en haut des escaliers, à l’ouest. L’entrée principale donne rue François Franque. Les grilles et les statues d’enfant et de lion du sculpteur Injalbert datent de 1883.

Protection et histoire de l’aménagement

L’ensemble est inscrit puis classé en 1954 : l’aqueduc des Arceaux et le réservoir des Arcades sont inscrits par arrêté du 9 mars 1954. L’arc de triomphe, la promenade, les grilles, les rampes, le château d’eau, son bassin et le pont qui le relie à l’aqueduc sont classés par arrêté du 18 août 1954. L’aqueduc, en totalité, a été inscrit le 22 juillet 2022.

La notice Mérimée rappelle que la place, commencée en 1689 par d’Aviler, n’a été achevée qu’en 1785 par Giral et Donnat, qui ont suivi le plan d’ensemble adopté. Des travaux de rénovation ont été conduits depuis les années 1980. En 1983, la mairie a étudié un parking de 1 800 places sous la statue équestre.

Accès et conseils de visite

La promenade est en accès libre, côté est par la station de tramway « Peyrou – Arc de Triomphe » (ligne 4). Côté ouest, les lignes de bus 6 et 10 desservent l’arrêt Paladilhe. Deux ascenseurs mènent à l’arc de triomphe pour les personnes à mobilité réduite, et trois stations Vélomagg’ sont proches.

Comptez 30 à 45 minutes pour faire le tour de la promenade, du château d’eau à l’arc de triomphe. L’arc de triomphe ouvre aussi lors des Journées européennes du patrimoine : l’édition 2026 s’est tenue les 19 et 20 septembre.

Plan et accès

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À pied depuis la promenade du Peyrou

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Questions fréquentes

Où se trouve la promenade du Peyrou ?

Elle occupe le point haut de l’Écusson, à l’ouest du centre historique de Montpellier. L’entrée principale donne rue François Franque, et l’arc de triomphe s’ouvre sur la rue Foch.

La promenade du Peyrou est-elle payante ?

Non. C’est un espace public en accès libre. Seules les ouvertures exceptionnelles de l’arc de triomphe, lors des Journées européennes du patrimoine, suivent un programme.

Quelle est la date de construction de l’arc de triomphe ?

L’ancienne porte du Peyrou est remplacée par un arc de triomphe en 1691. La notice Mérimée situe l’érection de l’arc et de la statue entre 1692 et 1717.

À quoi sert le château d’eau du Peyrou ?

Il servait à distribuer l’eau potable de la source du Lez à la ville. L’eau arrivait par l’aqueduc Saint-Clément, long de 14 kilomètres, achevé en 1766.

Combien de temps faut-il pour la visite ?

Une demi-heure suffit pour un tour rapide. Prévoyez une heure si vous montez aussi à l’arc de triomphe et regardez l’aqueduc des Arceaux.

Pour aller plus loin

Retrouvez toutes les fiches dans le guide des monuments de Montpellier, sur la carte du patrimoine ou dans l’itinéraire de visite en 1, 2 ou 3 jours. La méthode de collecte est expliquée sur la page du guide.

Sources : base Mérimée du ministère de la Culture, notice PA00103609; calculs de marche : OpenStreetMap; Wikipédia (article « Promenade du Peyrou », licence CC BY-SA 4.0). Relevé du 22 octobre 2026.

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