Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier : histoire, orgue et visite
La cathédrale Saint-Pierre est le plus important monument gothique de Montpellier. Fondée en 1364 par le pape Urbain V comme chapelle d’un monastère-collège, elle devient cathédrale en 1536. Elle est classée monument historique depuis le 9 août 1906.

| Type | Cathédrale |
|---|---|
| Époque | XIVe et XIXe siècles |
| Protection | 9 août 1906 : classé |
| Fondation | 1364, par le pape Urbain V |
| Cathédrale depuis | 1536 |
| Longueur | 102,50 m à l’extérieur, 113 m avec le porche |
| Hauteur de la nef | 28,50 m |
D’une chapelle de monastère à la cathédrale de la ville
L’église est à l’origine la chapelle du monastère-collège Saint-Benoît Saint-Germain, fondé en 1364 par le pape Urbain V. En 1536, le siège épiscopal quitte Maguelone pour Montpellier : la chapelle devient cathédrale. Les bâtiments du monastère deviendront en 1795 le siège de l’École de médecine (voir la fiche de la faculté de médecine).
Quatre tours s’élevaient aux angles de la nef. L’édifice est muni de défenses importantes, ce qui lui vaut à la fin du XVIe siècle le surnom de « fort Saint-Pierre ». Cette allure de cathédrale-forteresse en fait un exemple fameux de ce type de bâtiment.
Les guerres de religion et la reconstruction
Pendant les guerres de religion, la cathédrale est la cible des protestants. Le 20 octobre 1561, la foule entre par une brèche dans l’église, où s’étaient réfugiés des dignitaires catholiques et des soldats. Les chroniqueurs donnent des bilans très différents, de huit à plusieurs centaines de morts. L’église est dépouillée en six ou sept heures. En 1562, elle perd ses cloches et ses grilles de fer, fondues pour faire des munitions.
En 1567, une tour s’effondre et entraîne l’ensemble de l’édifice. Les chanoines se réfugient à Villeneuve-lès-Maguelone et à Frontignan, jusqu’à la fin du siège de Louis XIII en 1622. En 1629, le cardinal de Richelieu confie la restauration à l’entrepreneur Pierre Froment et au maître maçon Bertrand Delane. La voûte, le pavement de la nef et la façade sont refaits.
De cette période médiévale, il ne reste pratiquement que le porche massif, composé de deux piliers cylindriques de 4,55 mètres de diamètre et d’une voûte. Les deux piliers et le baldaquin devant le grand portail sont d’origine et purement décoratifs.
Les XVIIIe et XIXe siècles : l’église que l’on voit aujourd’hui
Au XVIIIe siècle, l’édifice est réaménagé selon un projet de Jean-Antoine Giral. De 1855 à 1875, l’architecte Henri Antoine Revoil reconstruit la tour-clocher et ajoute des chapelles rayonnantes autour du chœur, sans le déambulatoire prévu au départ. La toiture du chœur reçoit des tuiles vernissées « à la mode bourguignonne ». Auguste Baussan refait le décor sculpté de la tour et du tympan dans le goût du XIIIe siècle.
Les verrières du transept et du chœur, exécutées par Édouard Didron et Paul Nicod, sont posées entre 1870 et 1872. En 1870, Baussan réalise aussi le linteau du portail du transept, dédié à la Vierge : il représente le couronnement de la Vierge, la mise au tombeau et l’adoration des mages. Dans le bras droit du transept, un tableau de Sébastien Bourdon, « La chute de Simon le Magicien » (1657), évoque un épisode apocryphe de la vie de saint Pierre.
En 1795, le siège épiscopal, c’est-à-dire l’ancien monastère Saint-Benoît, devient le siège de l’École de médecine. En 1847, l’évêque obtient pour sa cathédrale le titre, alors rarement accordé, de basilique mineure. En 1856, sa structure sert de modèle aux Missions étrangères de Paris pour construire l’église Saint-François-Xavier de Malacca, dans l’actuelle Malaisie.
Le grand orgue et les cloches
En 1775, l’évêque Mgr de Malide fait abattre l’ancien chœur du XIVe siècle, devenu trop exigu. Il confie le nouvel orgue à l’un des plus grands facteurs de l’époque, Jean-François Lépine. L’instrument est créé en 1778, et il a fallu refaire la tribune pour qu’elle supporte les vibrations. Un orgue positif de dos a été rétabli en 1978 par l’entreprise Kern, de Strasbourg, selon la composition prévue par Lépine.
Le buffet a été doré à la feuille en 1994 : il a fallu 16 000 feuilles d’or à 22 carats. Une restauration plus récente a débuté en mai 2011. Deux organistes sont co-titulaires de l’instrument.
La cathédrale possède sept cloches. Quatre cloches de volée, fondues en 1867 à Paris et installées le 7 février 1870 dans la tour Urbain V, servent au culte. Le bourdon, nommé François, pèse près de quatre tonnes et mesure 171 centimètres de diamètre : c’est la plus grave cloche de volée de l’ancienne région Languedoc-Roussillon. Trois autres cloches, fondues en 1730 par Pierre et Jacques Gor, sonnent l’horloge et sont classées depuis 1959.
Dimensions et protection
L’église mesure 95 mètres de long à l’intérieur et 102,50 mètres à l’extérieur, soit 113 mètres avec le porche. La nef culmine à 28,50 mètres, le transept et le chœur à 27,50 mètres, et la largeur totale de la nef et de ses bas-côtés atteint 26,7 mètres. C’est la plus grande église de l’ancienne région Languedoc-Roussillon.
L’édifice est classé au titre des monuments historiques depuis le 9 août 1906. La base Mérimée signale en outre des objets mobiliers protégés. Depuis le 8 décembre 2002, le diocèse de Montpellier est un archidiocèse : la cathédrale est devenue cathédrale métropolitaine.
Visiter la cathédrale
La cathédrale se trouve dans la vieille ville, à quelques minutes à pied de la faculté de médecine et du jardin des plantes. Elle fait partie de la paroisse cathédrale, qui regroupe aussi la basilique Notre-Dame des Tables et les églises Saint-Roch, Saint-Denis, Sainte-Eulalie, Saint-Léon et Saint-Mathieu.
Les horaires d’ouverture et ceux des offices sont fixés par la paroisse cathédrale. Un lieu de culte se visite en dehors des cérémonies, avec une tenue sobre.
Plan et accès
À pied depuis la cathédrale Saint-Pierre
- Évêché, à 1 minute à pied
- Hôtel de Fesquet, à 2 minutes à pied
- Tour des Pins, à 2 minutes à pied
Où dormir à proximité
Hôtels classés les plus proches, selon le classement Atout France :
- Hôtel Richer de Belleval (5 étoiles), à 3 minutes à pied
- Hôtel du Palais (3 étoiles), à 3 minutes à pied
- Best Western Hôtel le Guilhem (3 étoiles), à 4 minutes à pied
Questions fréquentes
Quand la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier a-t-elle été construite ?
Elle est fondée en 1364 par le pape Urbain V comme chapelle d’un monastère-collège. Elle devient cathédrale en 1536. L’essentiel de ce que l’on voit aujourd’hui date des reconstructions du XVIIe siècle et du XIXe siècle.
Pourquoi l’appelle-t-on cathédrale-forteresse ?
Ses quatre tours d’angle et ses défenses lui ont valu, à la fin du XVIe siècle, le surnom de « fort Saint-Pierre ». Le porche massif à deux piliers cylindriques est l’un des rares éléments médiévaux conservés.
La cathédrale est-elle classée monument historique ?
Oui, elle est classée depuis le 9 août 1906. Les trois cloches de l’horloge, fondues en 1730, sont classées depuis 1959.
Quelle est la taille de la cathédrale Saint-Pierre ?
Elle mesure 95 mètres de long à l’intérieur, 102,50 mètres à l’extérieur, et la nef s’élève à 28,50 mètres. C’est la plus grande église de l’ancienne région Languedoc-Roussillon.
Qui a construit le grand orgue ?
Jean-François Lépine, facteur d’orgue, l’a créé en 1778 pour la cathédrale. Le buffet a été doré en 1994 avec 16 000 feuilles d’or.
Pour aller plus loin
Retrouvez toutes les fiches dans le guide des monuments de Montpellier, sur la carte du patrimoine ou dans l’itinéraire de visite en 1, 2 ou 3 jours. La méthode de collecte est expliquée sur la page du guide.
Sources : base Mérimée du ministère de la Culture, notice PA00103522; calculs de marche : OpenStreetMap; Wikipédia (article « Cathédrale Saint-Pierre de Montpellier », licence CC BY-SA 4.0). Relevé du 22 octobre 2026.