Faculté de médecine de Montpellier : bâtiment historique, musées Atger et d’Anatomie
La faculté de médecine de Montpellier, fondée en 1220, est la plus ancienne école de médecine encore en activité. Son bâtiment historique, rue de l’École-de-Médecine, est l’ancien monastère Saint-Benoît puis le palais des évêques. Il est classé monument historique depuis le 23 février 2004.

| Type | Couvent |
|---|---|
| Époque | XVIIe siècle |
| Protection | 23 février 2004 : classé |
| Adresse | rue de l’Ecole-de-Médecine, Montpellier |
| Fondation de l’enseignement | 1220 (statuts du cardinal Conrad) |
| Bâtiment | monastère inauguré en 1367, palais épiscopal de 1536 à 1795, faculté depuis 1795 |
| Musées dans le bâtiment | musée d’Anatomie (plus de 13 000 pièces) et musée Atger (dessins) |
Huit siècles de médecine à Montpellier
En 1181, le seigneur de Montpellier, Guilhem VIII, accorde à « tout homme, quel qu’il soit et d’où qu’il soit » le droit d’enseigner la médecine dans la ville. Le port de Lattes et les routes entre l’Espagne et l’Italie font de Montpellier un carrefour. Les savoirs grecs conservés par les Arabes y arrivent par Al-Andalus, et une communauté médicale importante se forme dès le XIIe siècle.
En 1220, le cardinal Conrad d’Urach, légat du pape Honorius III, donne à l’« universitas medicorum » ses premiers statuts. Ils fixent qui peut enseigner et comment la justice est rendue entre enseignants et étudiants. La faculté a fêté ses 800 ans en 2020 et 2021, avec un timbre-poste commémoratif. Sa devise est restée : « Jadis, Hippocrate était de Kos, maintenant il est de Montpellier. »
La notice Mérimée résume la suite : quatre chaires royales sont créées entre 1492 et 1498, la Révolution abolit les universités, puis la Convention fonde en 1794 trois écoles de santé, à Paris, Strasbourg et Montpellier. L’école devient faculté de médecine à la création de l’université impériale, en 1808.
Du monastère de 1364 au palais des évêques
Le bâtiment est l’un des plus anciens bâtiments universitaires de France. Le pape Urbain V, qui avait enseigné le droit canon à Montpellier, veut relever des études affaiblies par la peste noire. La première pierre du collège-monastère Saint-Benoît-Saint-Germain est posée le 1er octobre 1364. Le pape inaugure l’ensemble le 14 février 1367, avec une abbatiale à quatre tours, qui deviendra la cathédrale Saint-Pierre, et trois corps de bâtiments autour d’une cour à cloître.
En 1536, l’évêque de Maguelone, Guillaume Pellicier, obtient le transfert de son siège à Montpellier et s’installe dans le monastère. Les guerres de religion le saccagent. Après la paix, Louis XIV accorde des fonds pour la restauration. Au XVIIIe siècle, Jean-Antoine Giral crée le pont entre la rue et le premier étage, le grand vestibule et le bel escalier, ainsi que des salles d’apparat ornées de gypseries.
Une faculté dans un palais depuis 1795
Sous la Révolution, le palais épiscopal sert un temps de prison. En 1795, Jean-Antoine Chaptal obtient qu’il soit affecté à l’école de médecine, pour offrir des locaux dignes de sa réputation. Il fait construire à ses frais l’amphithéâtre d’anatomie, le « Theatrum Anatomicum », édifice néoclassique de l’architecte Claude-Mathieu Delagardette, achevé en 1806. La table de dissection et le siège curule en marbre, venus des arènes de Nîmes, y sont toujours.
L’ancienne chapelle privée des évêques est devenue la salle des actes, ornée de portraits de savants et d’un buste d’Hippocrate offert par Napoléon Ier. Le vestiaire des professeurs conserve des portraits de François Rabelais et de Guillaume Rondelet, ainsi que la toge de Rabelais. La salle du conseil abrite le portrait de François Gigot de Lapeyronie peint par Hyacinthe Rigaud.
Une aile le long du boulevard Henri-IV est ajoutée en 1851 par l’architecte Pierre-Charles Abric pour le conservatoire d’anatomie. Une grande campagne de restauration, lancée en 1961 sous le doyen Gaston Giraud, a duré près de huit ans. Elle a rendu leur aspect médiéval à la cour d’honneur et restauré la salle Dugès, dont les fresques remontent au XVIIIe siècle. Depuis décembre 2015, l’éclairage des façades les met en valeur chaque soir.
Le musée d’Anatomie
Le musée d’Anatomie occupe le premier étage. Il est né en 1795, avec l’ouverture de l’École de santé, sous le nom de conservatoire d’anatomie. Il compte plus de 13 000 pièces : cires, moulages en plâtre, préparations de dissection, instruments médicaux et chirurgicaux. Les collections Amador et celles de l’association Delmas-Orfila-Rouvière, reçues à partir de 2014, ont ajouté quelque 7 500 pièces.
On y remarque la collection de cires de Felice Fontana, l’Écorché d’Alphonse Lami et une riche collection de squelettes de vertébrés. La majeure partie des collections est classée au titre des monuments historiques. Après une restauration de 2004 à 2007, le musée n’est ouvert qu’à certains moments, avec des visites dirigées par l’office de tourisme. Il est accessible dans le cadre des visites guidées de la ville.
Le musée Atger, le plus ancien musée de la ville
Dans les anciens salons d’apparat de l’évêché, le musée Atger présente la collection de dessins léguée par l’amateur d’art Xavier Atger (1758-1833), par livraisons successives entre 1813 et 1832. On compte plus de 1 000 dessins et quelque 5 000 estampes, ce qui en fait, dit-on, la deuxième collection française après celle du Louvre.
Depuis 1990, environ 500 dessins sont exposés en permanence dans deux salles du premier étage. Les écoles flamande, italienne, hollandaise, allemande et française s’y côtoient, de la Renaissance au XIXe siècle, avec des signatures comme Rubens, Fragonard, Rigaud, Tiepolo, Véronèse ou Van Dyck. L’entrée est gratuite. Le musée est géré par le service inter-universitaire des bibliothèques de Montpellier.
Le jardin des plantes, juste en face
La faculté gère le jardin des plantes, fondé en 1593 par Pierre Richer de Belleval. C’est le plus ancien jardin botanique de France. Il s’étend sur 4,6 hectares, il est classé au titre des sites depuis 1982 et monument historique depuis 1992. Il se visite gratuitement.
Accès et conseils
Le bâtiment se trouve rue de l’École-de-Médecine, à quelques pas de la cathédrale et à environ 15 minutes à pied de la place de la Comédie. Il abrite surtout des services administratifs, la bibliothèque et des cérémonies de prestige comme les soutenances de thèses. Le musée d’Anatomie se visite avec l’office de tourisme.
Plan et accès
À pied depuis la faculté de médecine
- Hôtel de Fesquet, à 1 minute à pied
- Ancienne prison, à 2 minutes à pied
- Cathédrale Saint-Pierre, à 2 minutes à pied
Où dormir à proximité
Hôtels classés les plus proches, selon le classement Atout France :
- Best Western Hôtel le Guilhem (3 étoiles), à 2 minutes à pied
- Hôtel Richer de Belleval (5 étoiles), à 3 minutes à pied
- Hôtel du Palais (3 étoiles), à 3 minutes à pied
Questions fréquentes
Depuis quand existe la faculté de médecine de Montpellier ?
Les statuts de 1220, accordés par le cardinal Conrad d’Urach, en font la plus ancienne école de médecine encore en exercice. L’enseignement existait déjà au XIIe siècle, et Guilhem VIII l’a autorisé en 1181.
Peut-on visiter la faculté de médecine de Montpellier ?
Oui, en partie. Le bâtiment abrite deux musées, le musée d’Anatomie et le musée Atger, ainsi que la salle des actes et l’amphithéâtre. Le musée d’Anatomie n’ouvre qu’à certaines dates, avec des visites guidées.
Que contient le musée d’Anatomie ?
Plus de 13 000 pièces : cires, moulages, préparations de dissection et instruments. Une collection de cires de Felice Fontana et l’Écorché d’Alphonse Lami en sont les pièces célèbres.
Le musée Atger est-il gratuit ?
Oui, l’entrée du musée Atger est gratuite. Ses salles du premier étage présentent près de 500 dessins du XVIe au XIXe siècle.
Le bâtiment est-il protégé ?
Oui. L’ensemble est classé au titre des monuments historiques depuis le 23 février 2004. La majeure partie des collections du musée d’Anatomie est elle aussi classée.
Pour aller plus loin
Retrouvez toutes les fiches dans le guide des monuments de Montpellier, sur la carte du patrimoine ou dans l’itinéraire de visite en 1, 2 ou 3 jours. La méthode de collecte est expliquée sur la page du guide.
Sources : base Mérimée du ministère de la Culture, notice PA00103539; calculs de marche : OpenStreetMap; Wikipédia (article « Faculté de médecine de Montpellier-Nîmes », licence CC BY-SA 4.0) ; notice Mérimée PA00103539. Relevé du 22 octobre 2026.