Quartier Antigone à Montpellier : l’architecture de Ricardo Bofill, plan et visite

Antigone est un quartier conçu dès 1978 par l’architecte catalan Ricardo Bofill et construit à partir de 1983, au sud-est de l’Écusson. Son architecture postmoderne s’inspire librement de la Grèce antique, le long d’un axe piéton d’environ 900 mètres entre le centre commercial du Polygone et le Lez.

Quartier Antigone à Montpellier
Quartier Antigone : photo Txllxt TxllxT, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Données clés
Type Ensemble urbain
Adresse Antigone, Montpellier
Architecte Ricardo Bofill (coordinateur dès mai 1979)
Construction à partir de 1983 ; premiers logements livrés en 1984
Axe piéton environ 900 mètres, du Polygone au Lez
Place du Nombre d’Or 9 000 m², chantier lancé en 1982

Un quartier pensé pour ouvrir la ville vers l’est

À la fin des années 1970, le maire Georges Frêche et son premier adjoint, le géographe Raymond Dugrand, décident de bâtir un quartier complet, aux fonctions variées, plutôt qu’un quartier zoné. Il doit ouvrir la ville vers l’est, vers le Lez et vers la mer, alors que les logements se concentraient jusque-là à l’ouest et au nord. Raymond Dugrand voulait qu’Antigone soit « construit pour l’Homme et rien que pour l’Homme ».

La moitié des logements sont prévus en HLM. Georges Frêche parle de « logements beaux, à proximité du centre des villes, qui puissent être habités par tout le monde ». Le surcoût de ces logements n’est que de 10 % par rapport aux cités HLM classiques, et la vente de locaux commerciaux en pied d’immeuble le compense entièrement, selon la mairie de l’époque.

Le quartier s’étend sur des terrains qui étaient le « Polygone », l’ancien champ de tir de la caserne Joffre (9 hectares), l’association Don Bosco (5 hectares) et la friche de l’usine de savons et bougies Villodève (4 hectares), fermée depuis 1936. En mai 1979, Ricardo Bofill est désigné architecte coordinateur. La même année, l’armée cède ses terrains à la commune.

Un style postmoderne inspiré de la Grèce antique

Le style retenu est celui que le Taller de Arquitectura de Bofill utilise aussi pour les Espaces d’Abraxas à Noisy-le-Grand ou les Échelles du Baroque à Paris. Il se reconnaît à ses colonnes cannelées monumentales qui cachent les escaliers, à ses décors gréco-romains et à son béton teinté beige qui imite la pierre. Cette architecture fait polémique à l’époque, notamment parce qu’elle rompt avec les constructions modernes voisines.

Le chantier de la place du Nombre d’Or démarre en 1982. Cette vaste place de 9 000 m² est entourée d’immeubles, et les premiers logements sont livrés dès 1984. Bofill y fait planter des dizaines de grands palmiers pour évoquer une oasis ; quelques années plus tard, des platanes les remplacent. En 2000, une fontaine sèche aux jets d’eau de 15 mètres de haut y est inaugurée.

L’axe piéton, de l’Est au Lez

Le quartier s’étend depuis les Échelles de la Ville, qui forment la façade est du Polygone, jusqu’au Lez, sur une perspective d’environ 900 mètres. Cet axe se veut un écho à l’axe de l’ouest de la ville, avec la promenade du Peyrou et l’aqueduc des Arceaux. Les Échelles de la Ville s’inspirent des temples mésopotamiens. Elles n’abritent pas de logements, mais des bureaux, des commerces, des médecins et des écoles. Un escalator, le passage Hermès, relie Antigone au Polygone.

À l’autre bout, sur la rive gauche du Lez, l’hôtel de région, construit par Bofill à la fin des années 1980, mesure cinquante mètres de haut et prend la forme d’une arche. L’arche, exposée aux vents du Lez, a été fermée par des verrières de 21 mètres en 1989.

L’église Don Bosco (1985) remplace l’église Saint-Georges de 1892. Son style est très simple, pour satisfaire le cahier des charges du quartier. Elle porte 80 m² de vitraux de 140 nuances de couleurs, conçus par l’artiste montpelliéraine Renée Rauzy.

Statues, piscine et médiathèque

Au début des années 2000, de nombreuses statues qui copient des sculptures gréco-romaines sont installées : l’Apollon du Belvédère et le Discobole devant les Échelles de la Ville, la Victoire de Samothrace sur l’esplanade de l’Europe, la Vénus d’Arles et la Diane de Versailles place Zeus. En 2003, une fontaine circulaire de 16 mètres de diamètre est installée place Thessalie, avec le groupe des Trois Éphèbes de Jean-Marc Bourry.

Plusieurs grands équipements, non prévus au départ, achèvent le quartier au début des années 2000 : la piscine olympique d’Antigone, signée Bofill et ouverte en 1996, la médiathèque centrale Émile Zola de Paul Chemetov (15 780 m², 2000) et les halles Jacques Cœur (2000). La ligne 1 du tramway, inaugurée en juin 2000, traverse le quartier.

En 1998, un immeuble de la place du Nombre d’Or est percé, contre l’avis de Bofill qui l’avait voulue fermée. Antigone cesse alors de tourner le dos au centre-ville, et la perspective est complète du Polygone à l’hôtel de région.

Les grandes dates et les projets abandonnés

Antigone a été la première grande étape de l’urbanisation du sud-est de la ville, avant le quartier de Richter, puis Port Marianne et le complexe d’Odysseum. Ce sont les aménagements du cours du Lez qui ont rendu constructibles ces terrains.

Plusieurs projets n’ont pas vu le jour : un parc de 6 à 9 hectares, remplacé par l’esplanade de l’Europe, un aqueduc le long de l’avenue principale, des Thermes du Lez dans les années 1990 et un « World Trade Center ». En septembre 2000, une tornade de 180 km/h le long du Lez a fait tomber une grue de chantier sur un bâtiment de la résidence Le Parnasse. Chaque année depuis 2007, le quartier accueille le Festival international des sports extrêmes, qui rassemble 600 000 visiteurs selon Wikipédia.

Visiter Antigone

Antigone se visite librement, à pied, depuis la gare Saint-Roch ou la place de la Comédie : suivez l’axe piéton depuis le Polygone jusqu’au Lez. Comptez 45 minutes à une heure pour parcourir le quartier et revenir. L’Arbre blanc se trouve à l’est du Lez, près du pont Juvénal.

Le quartier a le statut d’un ensemble urbain, sans protection au titre des monuments historiques.

Plan et accès

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À pied depuis le quartier Antigone

Où dormir à proximité

Hôtels classés les plus proches, selon le classement Atout France :

Questions fréquentes

Qui a conçu le quartier Antigone ?

L’architecte catalan Ricardo Bofill, désigné architecte coordinateur en mai 1979, à la demande du maire Georges Frêche et de Raymond Dugrand.

Quand Antigone a-t-il été construit ?

Le quartier est conçu dès 1978 et construit à partir de 1983. Les premiers logements sont livrés en 1984, et l’aménagement s’est achevé au début des années 2000.

Quelle est la longueur de l’axe piéton d’Antigone ?

Environ 900 mètres, du centre commercial du Polygone jusqu’au Lez.

Pourquoi Antigone ressemble-t-il à un site antique ?

Bofill a retenu un style postmoderne inspiré de la Grèce antique : colonnes cannelées monumentales, décors gréco-romains et béton teinté beige imitant la pierre.

Antigone est-il protégé ?

Non. Le quartier n’est pas inscrit à la base Mérimée, contrairement aux édifices historiques de l’Écusson.

Pour aller plus loin

Retrouvez toutes les fiches dans le guide des monuments de Montpellier, sur la carte du patrimoine ou dans l’itinéraire de visite en 1, 2 ou 3 jours. La méthode de collecte est expliquée sur la page du guide.

Sources : calculs de marche : OpenStreetMap; Wikipédia (article « Antigone (Montpellier) », licence CC BY-SA 4.0). Relevé du 22 octobre 2026.

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